Une ex-communiste rejoint Nigel Farage et explique pourquoi !

Publié par guillaume, le 26-04-2019    

[i]Ce texte est une traduction d'un [url=https://www.dailymail.co.uk/news/article-6952797/CLAIRE-FOX-explains-reasons-standing-European-election-candidate-Brexit-Party.html]article du Daily Mail [/url]dans lequel Claire Fox, une ancienne trostskyste, explique pourquoi elle sera candidate aux élections européennes le 23 mai prochain pour le Parti du Brexit, dont le fondateur, Nigel Farage, est très à droite sur l'échiquier politique. Elle souligne notamment la trahison des élites britanniques, la diabolisation des électeurs du Brexit et la nécessité de se rassembler pour la démocratie, quelque soit son origine politique.[/i]


[b]Pourquoi en tant que femme de gauche de longue date j’ai rejoint l’équipe de Nigel : CLAIRE FOX explique les raisons pour lesquelles elle se présente aux élections européennes sur la liste du Parti du Brexit.[/b]


En tant que militante de gauche depuis 35 ans, j’ai été arrêté sur des piquets de grève, j’ai dirigé des manifestations anti-impérialistes et j’ai pris la parole lors de manifestations anti-déportation devant des commissariats de police. J’ai fait des discours à des rassemblements de rue, dans des prisons, dans des universités et dans des pubs.

Pourtant hier, à la suite d’un enchaînement d’évènements inattendus, je me suis retrouvée assise à côté de Nigel Farage et j’ai annoncé mon intention de me présenter pour le Parti du Brexit lors des élections européennes le 23 mai.

Vous aurez bien du mal à trouver une paire d’alliés politiques aussi improbable que l’ancien dirigeant du UKIP [1] et moi, une ancienne trotskyste qui a passé sa jeunesse à militer pour une révolution ouvrière.

Nous sommes en désaccord sur un large spectre de sujets, de celui des travailleurs à celui des droits des femmes, en passant par l’immigration ou la sécurité sociale. Mais, et ce mais est crucial, nous sommes d’accord sur le seul sujet historique qui prévaut aujourd’hui sur tous les autres : le Brexit et l’avenir de la démocratie britannique.

[center][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2019/17/4/1556204928-clairefox.jpg[/img]
[i]La candidate pour le Parti du Brexit Claire Fox parle à côté de Nigel Farage durant la présentation de candidats pour les élections éuropéennes, à Londres.[/i][/center]

Ce terrain d’entente qui est d’honorer la démocratie, ce qui constitue la base même du Parti du Brexit, est ce qui compte le plus.

Soyez-en sûrs, c’est un moment critique pour la démocratie. Cela fait presque trois ans que 17,4 millions de personnes ont voté pour Quitter l’UE – le plus large vote populaire dans l’histoire politique britannique. Mais aujourd’hui, à cause d’un gouvernement inefficace et d’une cabale de fervents députés anti-Brexit, nous restons enchaînés à Bruxelles. C’est presque comme si le référendum n’avait jamais eu lieu.

Désormais, avec d’innombrables députés et membres non élus de la chambre des Lords qui font la queue pour essayer de renverser la décision du peuple britannique, les principes démocratiques prévalent sur les anciennes appartenances à un parti.

Ce héros du mouvement travailliste, Tony Benn, dont les critiques de la machine bruxelloise ferait hurler de dégoût l’Islingtion Set [2] de Jeremy Corbyn, a dit un jour « la démocratie est la chose la plus révolutionnaire du monde ».

Il avait tellement raison. Sans la démocratie, nous sommes des sujets sans voix. Mais avec elle, nous sommes des citoyens armés avec le pouvoir de changer nos destinées.

Avec tous les partis politiques sur le point de passer outre le Brexit, il est désormais temps de décider si nous voulons être des sujets ou des citoyens ; si nous voulons rejeter les millions de gens qui ont voté pour le Brexit ou bien montrer de la solidarité avec les personnes ordinaires qui regardent avec étonnement la façon cavalière avec laquelle leurs voix sont effacées.

Je serai maudite si l’Establishment s’en tirait avec cet acte de vandalisme électoral.

En tant que femme de gauche depuis toujours ayant assisté à une série de défaites sans fin, je crois qu’il est désormais temps de transformer cette trahison inconcevable en une opportunité politique constructive.

Ceux qui, comme moi, ont voté pour Quitter se souviendrons du sérieux avec lequel on nous a demandé de considérer ce vote « unique pour notre génération » sur comment nous voulons être gouvernés. Durant les mois qui ont mené au référendum, on nous a dit avec dérision qu’un vote pour Quitter l’UE serait un vote pour une apocalypse économique, pour des salaires plus bas et pour un coût de la vie plus élevé.

Mais, armés d’un fantastique élan démocratique, nous avons finalement décidé que ça en valait la peine.

Dès lors, les politiciens à Westminster [3] ont traité la révolte du Brexit comme étant une terrible erreur, comme s’il s’agissait d’un acte d’automutilation perpétré par des plébéiens crédules.

Après avoir été traités avec un tel mépris, est-il étonnant que notre loyauté envers les vieux partis se meurt ?

Désormais, le clivage droite-gauche a été remplacé par démocrates vs antidémocrates : avec, d’un côté, ceux qui vont défendre une position politique; et, de l’autre côté, ceux qui sacrifieraient notre démocratie dans le seul but de révoquer le Brexit.

Heureusement, il  existe de nombreux groupes d’électeurs honnêtes du Remain qui respectent les règles du référendum, acceptent son résultat et sont autant choqués par les singeries antidémocratiques du parlement que le plus ardent Brexiteer. Je m’engage aussi  pour ces gens qui ont des principes politiques.

En fait, les démocrates de toute coloration politique devraient trouver refuge sous les bannières du Parti du Brexit.

Les conservateurs ont depuis longtemps montré leur mépris pour les électeurs du Brexit. Après leur avoir promis que « Brexit signifie Brexit » et que « Pas d’accord vaut mieux qu’un mauvais accord », la première ministre s’est défilée devant ses engagements et a tenté de nous vendre un accord de retrait décrit à juste titre par Nigel Farage comme étant « le pire accord de l’histoire ».

Les conservateurs mériteront pleinement la raclée qu’ils sont partis pour se prendre aux élections européennes. Mais les électeurs travaillistes ont, eux aussi, été trahis.

Lors de la campagne pour les élections législatives de 2017, Jeremy Corbyn a présenté une profession de foi promettant d’honorer le résultat du référendum.

Désormais, le parti travailliste est devenu le parti du Remain, avec 203 de ses députés, dont beaucoup représentent des circonscriptions électorales ayant votées majoritairement pour le Brexit, qui ont voté en faveur d'un deuxième référendum pour annuler le résultat du premier. Chaque partisan du parti travailliste avec une conviction profonde pour la démocratie devrait montrer à son député ce qu'il pense de ce mépris politique en votant pour le Parti du Brexit.

Pourtant, beaucoup de mes camarades de gauche sont dans le déni sur cette trahison politique. En agissant ainsi, ils adhérent simultanément à la vieille rhétorique sur le soutien à la classe ouvrière tout en tournant le dos envers les braves et ordinaires personnes qui ont voté pour le Brexit.

Je suis furieuse que de nombreux membres de gauche hostiles à l’UE, notamment Jeremy Corbyn, se soient ralliés à l’Establishment au moment le plus crucial.

Leur faible excuse, qu’un «Brexit conservateur» est un projet de droite soutenu par des fascistes, insulte grossièrement les 5 millions d’électeurs travaillistes qui ont voté pour Quitter l'UE et ignore qu'un tiers des minorités ethniques ont également voté pour le Brexit.

Bien entendu, je m'attends à quelques critiques pour avoir rejoint le parti du Brexit. Il ne se passe pas un jour sans que l’on pontifie que les Brexiteers sont «pires que les nazis». Ce sont souvent des députés travaillistes et des activistes « Corbynistes » qui mènent cette intimidation, considérant les électeurs traditionnels de leur propre parti comme des citoyens de seconde zone qui doivent être envoyés dans des camps de rééducation pour réapprendre la ligne du parti.

Je préfère suivre l'exemple des millions d'électeurs du Brexit qui, bien que diffamés depuis trois ans comme étant des fous ignorants, racistes et xénophobes, ont fermement refusé d'être intimidés.

Je me suis inspirée de la base militante des Leavers qui a vu le jour de Warrington à Watford et au-delà, en organisant des rassemblements et des marches en faveur du Brexit. Je suis solidaire de leur esprit démocratique et de leur détermination à se battre.

Je soutiens passionnément les principes de liberté, d’égalité et de souveraineté populaire. Ces valeurs ont été défendues par les plus emblématiques partisans de la démocratie depuis des centaines d’années.

Qu’elles aient été brandies par les niveleurs [4] pendant la guerre civile, par les chartistes [5] au 19e siècle ou par les Suffragettes [6] au début du 20e siècle, la Grande-Bretagne a une remarquable histoire de luttes pour que les citoyens ordinaires aient le droit de décider de leur avenir; pour rendre le Parlement responsable devant nous tous.

Il y a deux cents ans, plus d'une douzaine de manifestants courageux sont morts lors d'un rassemblement à Manchester lorsque la cavalerie a envahi une foule nombreuse réunie pour exiger que les ouvriers aient une voix égale à celle des propriétaires de l’usine. Aujourd’hui, nous ne sommes pas confrontés à une brigade armée de sabres. Mais que vous soyez de gauche ou de droite, nous nous devons tous, pour ces martyrs de Peterloo [7], de saisir ce moment unique et de protéger notre franchise acharnée des nouveaux ennemis auxquels elle est confrontée.


Claire Fox est candidate pour être députée européenne du Parti du Brexit et intervient pour l’émission The Moral Maze sur BBC Radio 4.


Traduit par [url=https://twitter.com/guillaumegay13]Guillaume.[/url]


[1] : UK Independante Party, que Nigel Farage a fondé puis quitté à cause de sa ligne politique qui tendait à l'extrème droite.
[2] : expression pour désigner les dirigeants du parti travailliste (Islington étant un quartier de Londres traditionnellement acquis aux travaillistes)
[3] : les députés britanniques
[4] : voir [url=https://fr.wikipedia.org/wiki/Niveleurs]Niveleurs[/url]
[5] : partisans du [url=https://fr.wikipedia.org/wiki/Chartisme]Chartisme[/url]
[6] : voir [url=https://fr.wikipedia.org/wiki/Suffragette]Suffragette[/url]
[7] : les victimes du [url=https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Peterloo]massacre de Peterloo[/url]


Nos autres dossiers :