La panique médiatique provoquée par De Villiers

Publié par guillaume, le 09-04-2019    

Le 6 mars 2019 est sorti « J’ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu » de Philippe De Villiers. Le célèbre homme politique et essayiste français lâche une véritable bombe, alors même que les élections européennes auront lieu le 26 mai prochain. Dans son ouvrage qui comporte pas moins de 111 pages d’archives déclassifiées, Philippe De Villiers démonte le mythe des « pères fondateurs » de l’Union Européenne. On y apprend que Robert Schuman, connu pour sa déclaration du même nom, a porté l’uniforme allemand pendant la première guère mondiale, que Jean Monet était un agent de la CIA ou encore que Walter Hallstein, le premier président de la Commission Européenne, était.. un officier instructeur du nazisme.




Bande annonce de la sortie du livre «J'ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu»


Des révélations.. déjà révelées 

Comme l’a rappelé le magazine Marianne, vidéo à l’appui, les thèses défendues par Philippe De Villiers ne sont pas nouvelles. En effet, François Asselineau aborde tous ces éléments dans sa conférence nommée « les origines cachées de la construction européenne » et ceci dès 2014. Ainsi, on peut interpréter le timing de sortie de ce livre comme un coup de pouce à l’UPR qui développe ces analyses depuis longtemps. On peut également soupçonner que ce sont ces mêmes analyses qui ont poussé De Villiers à mener une enquête approfondie sur le sujet et à y découvrir les 111 pages de documents compromettants.


Lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 2017, les grands médias ont qualifié François Asselineau de « complotiste » pour avoir alerté les français sur ces éléments historiques.

On se souvient tous du traitement médiatique particulièrement affligeant qui avait été réservé à Asselineau lors de la campagne présidentielle de 2017. Chaque interview ou presque commençait par « on dit de vous que vous êtes complotiste ». L’émission Quotidien lui a consacré une chronique nommé « Asselineau, la Madonna des complotistes ? ». Franceinfo affiche sur un bandereau « Asselineau, candidat des conspirationnistes ? » lors de son interview. Au 20h de TF1, Gilles Bouleau s’étonne : « Vous affirmez que Schuman et Monnet étaient des agents de la CIA. Y a-t-il un historien ou un biographe qui affirme cela, en dehors de vous-même ? ». François Asselineau avait alors brandit un numéro du magazine Historia, avant que celui-ci s’auto-censure quelques jours plus tard de façon spectaculaire..


Deux ans après, quel traitement médiatique a reçu le livre de Philippe De Villiers ?

Même si les 111 pages de documents n’ont pas permis beaucoup de doutes sur les thèses défendues dans son livre, Philippe De Villiers a tout de même dû essuyer des accusations. « Complotiste », encore, mais aussi « plagiaire ». Bien préparé, le souverainiste rend coup pour coup. Dans Les Terriens du Samedi du 9 mars 2019, De Villiers réplique : «  le complotisme c’est la rumeur. Mon livre est le contraire : je publie toutes les preuves avec 111 pages de fac-similés dans ce livre. C’est toute l’histoire de la construction européenne qui est conspirationniste. »  Idem dans la matinale de France Inter où ce dernier en profite pour recadrer Natalie Loiseau, alors ministre des affaires européennes, qui l’avait aussi accusé de complotiste : «  Le complotisme, ce sont des rumeurs, des fantasmes. Moi ce sont 110 pages de documents, de preuves, de faits. » Philippe De Villiers n’est pas un amateur en politique. Il savait parfaitement qu’il allait être attaqué, il a donc préparé son argumentaire. Il procède même à une inversion accusatoire en assenant à de multiples reprises : « mon livre est la réponse au complostime. » Le 13 mars, il va même plus loin, affirmant que « c’est une ligne de défense qui montre la panique du système » et annonçant vouloir porter plainte contre le journal Le Point pour les accusations de plagiat. Imperturbable.
Quelques passages médias plus tard, France Culture interroge le journal et politologue Eric Roussel afin de démonter une par une les affirmations de De Villiers en jouant un parfait numéro d’acrobate, jonglant entre la confirmation des révélations et les accusations de complotisme. A la question « Jean Monnet était-il un agent de la CIA ? », Eric Roussel accuse : « Présenter Jean Monnet comme un agent de la CIA relève du complotisme. Il était proche des Américains, il ne l’a jamais caché, d’ailleurs ses archives son ouvertes. » Curieux qu’il n’évoque aucunement les documents déclassifiés figurant dans le livre et montrant que Monnet était directement financé par des organes de la CIA. Autre exemple, il lance «  L’Europe n’a pas été pilotée à ses débuts par les services secrets américains » avant d’avouer quelques lignes plus loin que «  le projet européen a mûri d’une certaine façon aux Etats-Unis » et que « les Etats-Unis, plus ou moins directement ont certainement apporté un concours financier à l’unification européenne. » 



Le numéro d'équilibriste d'Éric Roussel

De Villiers, lui, s’étonne « il est regrettable que France Culture n’ait pas invité l’auteur. Son livre dérange trop. Pourtant les lecteurs qui le plébiscitent ne s’y trompent pas » avant d’enfoncer le clou : « France Culture est en émoi et elle préfère ne pas donner la parole à l’auteur afin de ne développer qu’une seule histoire officielle ». 


« On savait déjà » versus « complotisme »

Dans l’émission C à vous du 12 mars 2019, le journaliste Maxime Switek avoue dans sa chronique « oui, Jean Monnet a reçu de l’argent de Washington, on le sait depuis des décennies (…) ce n’est pas un scoop ». Sous entendu : on savait déjà ! Or, dans la même émission 2 ans auparavant, Patrick Cohen a pourtant asséné à Asselineau « c’est faux ! Monnet et Schuman n’ont pas accepté l’argent américain ! » Je résume : il y a 2 ans, dire que Monnet était un agent de la CIA était une « obsession anti-américaine » alors qu’aujourd’hui ce n’est « pas un scoop » ! Hormis la fake news avérée de Patrick Cohen, cet exemple illustre parfaitement la rhétorique de certains médias sur cette question. Parfois, les révélations de l’ouvrage ne le sont pas car « on savait déjà ». D’autres fois, c’est du « complotisme ». Philippe De Villiers répond : « il faudrait choisir. Si c’est du complotisme, c’est que tout est faux ou biaisé. Si on le savait déjà, c’est donc vrai. Alors c’est vrai ou c’est faux ? Il faut trancher. Les sermonnaires de l’Europe ont le tournis. C’est la grande panique. » On ne peut mieux résumer.


La riposte médiatique

Après un premier jet d’interviews réussies, c’est au tour du Journal Du Dimanche et du journal Le Monde de passer à l’attaque. L’angle choisi est plus subtile. Le JDD titre «  en trafiquant les faits, Philippe De Villiers abaisse le débat public ». Le Monde poste une tribune d’un collectif d’universitaires, dénonçant que «  Phillippe De Villiers n’a pas le droit de falsifier l’histoire de l’UE au nom d’une idéologie ». Une fois encore, l’auteur ne se laisse pas intimider et répond point par point dans un entretien pour Valeurs Actuelles. Il est surprenant que malgré toutes ces critiques, aucun média n’ai pensé à organiser un débat contradictoire sur cette question. Après tout, si le livre de De Villiers sur l’Europe est si délirant, mensonger, dégoûtant, il devrait être facile pour Hervé Gattegno ou François Reynaert de ridiculiser son auteur lors d’un débat, non ? 


Sur le fond, à chacun de se faire son avis en toute connaissance de causes. Force est de constater qu’il est difficile d’ignorer les documents accablants fournis par Philippe De Villiers dans son ouvrage. Sur la forme, les attaques furent moins récurrentes que celles subies par François Asselineau pendant l’élection présidentielle lorsqu’il a affirmé les mêmes choses. Quelque soit l’opinion que l’on se fera de son livre, De Villiers a le mérite de mettre un coup de pied dans la fourmilière médiatique afin de crédibiliser cet éternel débat historique, relancé quelques jours auparavant par Aude WTF sur sa chaîne Youtube. Le mur des injures personnelles s’effrite et les médias dominants sont de plus en plus contraints de s’attaquer non plus au messager, mais au message. Avec difficultés.


Rédigé par Guillaume pour le Rameau Libre 


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